J'appelle et j'épèle ton corps
Lentement
L'être par lettres
Vêtement par vêtement
Un à un , les remparts de tissus s'ôtent
Comme sautent d'autres remparts en dedans
Les digues se rompent
Les chairs s'irriguent
S'érigent et se gonflent
D'inutiles dentelles
Si futiles disparaissent
La peau seule importe
La peau et ceux qui la portent
En fils tressés
Les regards s'enroulent
Se trament en maille souple et solide
Dans le silence d'une musique
Lente, lourde
Tout se tait
Tout se sait
Tout se fait
L'un autour de l'autre
L'un atour de l'autre
Ecrins sans crainte
Fusions effusions
Corps célestes qui gravitent
Système solaire suspendu
Par un fil jamais rompu
Tout le corps en zone érogène
Noués dénoués
Sous la profondeur des notes
Soyons soyeux serpents
Reptiles mais sang chaud
Glissent en carresses
Soif d'ivresse
S'appliquent
S'impliquent
S'imbriquent
Incandescence
Indécence
Je t'habite et tu m'abrites
De chair et de sons abreuvés
Il n'est plus de monde hors de nous
Il n'est plus de monde que nous
Contenants
Si pleins, si gorgés des eaux partagées
Les yeux ne se quittent
Que pour plonger plus profond encore
Jamais bien longtemps
Puisqu'aussitôt
Tu m'appelles , tu m'épèles
Et la musique en corps ...